Surparoles

la place du dire et de l'écoute





L'on raconte chez les Dogons
qu'au centre de chaque être, là où le ventre abrite nos précieux organes,
se logent secrètement l'air, le feu, la terre et l'eau,
co-habitants heureux au gré des émotions multiples.
Et lorsque celles-ci nous arrivent de la vie, pimentées, amères, sucrées ou salées,
notre forge ventrale œuvre et expulse nos ressentis jusqu'à notre cavité buccale
dite aussi "métier à tisser"...
Là les mots se forment, et propulsés ils retournent à la forge
de celui ou de celle qui, à l'instant, nous écoute.




L'on dit aussi chez les Dogons
que les adolescents qui se chuchotent des mots d'amour à l'oreille,
sont susceptibles d'inviter une âme à se loger au sein de cette forge...
Chez les Dogons alors, on est attentif à ce que les mots doux
s'offrent par le regard...

Les mots ne sont pas innocents,
comme la musique ils effleurent notre peau, ils vibrent et réveillent nos sens,
résonances en notre être profond.

Rita Gay