Surparoles

la place du dire et de l'écoute






De l'idée initiale à sa réalisation, une telle activité nécessite une réflexion de base : quel est le sens de la voix ? A qui s'adresse-t-on ? Où placer l'auditeur, et comment l'inclure à cette pratique ? Quels textes choisir et comment les interpréter ?

Lorsqu'il s'agit de personnes âgées ou infirmes, l'aspect social de cette activité est évident. Nous allons (car notre démarche consiste entre autre à nous déplacer) vers des gens qui n'ont plus ou pas de moyens matériels ou physiques d'accéder aux œuvres.











D'alphonse Allais, Corinna Bille, Daniel Boulanger, Dino Buzzati, Alberto Moravia ou Jules Renard, en passant par Diderot, Maupassant, Ramuz et les autres, la palette proposée est large. Plusieurs fois par semaine, Rita Gay, comédienne, lit des textes de ces auteurs dans l'intimité d'un salon, comme au temps des veillées. L'audience est attentive et silencieuse ; de temps à autre, la comédienne interrompt la lecture : échanges d'impressions sur ce qui été entendu. Les résidants s'identifient aux personnages et vivent l'histoire de l'intérieur ; des mots, des phrases font ressurgir des images enfouies dans le passé.

Témoignage d'un aîné : "Le fait qu'un écrivain ait écrit des choses qui me touchent, fait que je me sens moins seul. J'aime les entendre."

Plus d'informations sur le site de la Fondation Mont-Calme :
www.vivre-vivre.ch / Dire et écrire / Surparoles


«Mon travail ici m'a donné un autre rapport au temps. Tout est plus lent ici. Les rapports avec les personnes âgées sont d'une grande authenticité. Les regards sont de vrais regards, les paroles sont pesées. Les mots comme la musique réveillent des sentiments, des émotions, car ce sont des vibrations avant tout. Nous ne savons jamais réellement quelles sont les conséquences de nos actes, mais je crois que les gens se sentent mieux après les ateliers.»

Propos recueillis par Aline Andrey